Une traduction en japonais

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(Paru dans le bulletin 48 de mars 2018)

Takeshi Muto, qui a adhéré à la Route inconnue l’an dernier, a traduit en japonais La Nouvelle chronique fabuleuse. Nous lui avons demandé de nous parler de ce travail de traduction, ce qu’il a fait dans un français dont vous apprécierez la belle tenue.



« J’adore La Nouvelle chronique fabuleuse, surtout « Martinien, tu ne m’écoutes pas ». Je trouve que c’est un des plus beaux récits du monde.J’aime aussi « Le train de l’aurore », « L’aigle de la ville> »,« La longue histoire », etc.

J’ai traduit cette œuvre il y a une vingtaine d’années. J’ai longtemps cherché un éditeur, en vain. Au Japon, la situation du mondee l’édition se dégrade de plus en plus. Surtout pour les livres de la littérature étrangère, qui se vendent de moins en moins. En plus, le nom d’André Dhôtel est presque oublié,ou plutôt inconnu. Mais j’ai trouvé enfin, il y a trois ans, un petit éditeur spécialisé dans la poésie qui a accepté de se charger de la publication.

Le livre, qui contient tous les récits de La Nouvelle chronique fabuleuse, a été publié au printemps de l’année dernière. Jusqu’à maintenant, on ne trouve aucun compte rendu dans la presse. Mais j’ai reçu beaucoup de lettres d’admiration.

J’ai le projet de publier un autre livre chez le même éditeur. C’est une traduction du Bois enchanté et autres contes, publié en 1983 chez Hachette. Bien qu’il soit un livre pour enfants, je crois qu’il représente la quintessence du Dhôtelland. J’aime surtout « Les papillons mystérieux » et « La balle d’argent ».

Nous avons déjà demandé à une agence (le bureau des copyrights français, à Tokyo) d’obtenir le droit de traduction. […]


Takeshi Muto, le 12 janvier 2018

 

P.S. Je lis assez bien les livres en français. J’ai lu presque toutes les œuvres de Dhôtel.Je lis aussi Christian Bobin, Jean Grosjean et Philippe Jaccottet qui sont tous,comme vous le savez, admirateurs de Dhôtel. »



Traduction de la couverture :

En haut à gauche : Le Train de l’aurore et autres récits
En haut à droite : traduit par Takeshi Muto/ André Dhôtel
Sur le bandeau du bas : Tous les récits dhôteliens commencent par l’émerveillement de s’apercevoir des petites énigmes cachées dans la vie quotidienne. Ils vous feront goûter les joies de la liberté et un pur bonheur.
Édition de Genthosha

 4e de couverture : Les personnages des œuvres d’André Dhôtel, écrivain français du XXe siècle, surpris par des énigmes qui apparaissent soudain dans les jours banals, entrevoient « l’ailleurs ». Et puisqu’ils croient que la vérité de la vie est ailleurs, ils se lancent dans une aventure qui semble à première vue hasardeuse et absurde.

Odile ne rencontra personne. Elle éprouvait le désir de blasphémer, tandis que les libellules se lançaient au-dessus des blés. Un merle s'enfuit d'un tas de crottes et, se penchant sur un pommier, il siffla un thème enregistré probablement lors de la création du monde.
(Le Village Pathétique, folio, p. 89)