Une biographie d'André Dhôtel

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1900 : André DHÔTEL, fils d’un greffier de paix, naît à Attigny, dans les Ardennes, quelques années après la mort d’un unique frère aîné.
1907 : La famille s’installe à Autun où le père exerce la fonction de commissaire-priseur. Enfance et adolescence heureuses, entre lectures, amitiés, vagabondages, archéologie, minéralogie, et vacances ardennaises.
1917-1920 : Pour éviter la critique littéraire qui l’ennuie, André DHÔTEL prépare une licence de philosophie à Paris ; sa prédilection semble aller vers les présocratiques. Il retrouve les Ardennes et découvre RIMBAUD. Il écrit ses premiers poèmes, dont un sonnet envoyé à la N.R.F., qui « n’a pas encore répondu ».
1920-1923 : Au cours de son service militaire à Paris, dans un «peloton spécial des étudiants», il rencontre Marcel ARLAND, Georges LIMBOUR, Roger VITRAC. Ils fondent ensemble les éphémères revues Aventure et Dés, où paraissent les tout premiers poèmes d’André DHÔTEL, à côté de textes de MALRAUX ou MAC ORLAN.
1924 : Premier poste de répétiteur à Saint-Omer.
1924-1928 : Professeur à L’Institut supérieur d’études françaises d’Athènes, André DHÔTEL découvre la Grèce dont il a longtemps rêvé.
1928-1929 : Nommé à Béthune, il publie à Lille un premier recueil de poèmes, Le Petit Livre Clair, et quelques textes dans des revues.
1929-1934 : André DHÔTEL enseigne à Provins. Son premier roman, Campements, paraît chez Gallimard en 1930. En 1932 il épouse Suzanne LAURENT, fille d’un négociant en vins. Leur fils François naîtra en 1933.
1935-1938 : Professeur à Charolles, il connaît des années pénibles, marquées par les difficultés éditoriales, le découragement, et entrecoupées de longs congés maladie.
1938-1943 : La nomination pour raison de santé dans la Manche, à Valognes, et la guerre peu après, contribuent à l’isolement de l’écrivain, d’abord réformé puis remobilisé pour quelques mois en 1940. Soutenu par Jean PAULHAN avec qui il entretient une correspondance suivie, il parvient néanmoins à publier dans Mesures, Marianne, la N.R.F. Il se lie d’amitié avec Henri THOMAS.
1943 : André Dhôtel est nommé à Coulommiers où il restera jusqu’à la fin de sa carrière. Il publie Le Village Pathétique et Nulle Part la même année chez Gallimard. C’est le véritable début de sa carrière littéraire. Il participe à la création de la revue 84, rassemblant autour de Marcel BISIAUX, Henri THOMAS, Georges LAMBRICHS, Pierre LEYRIS, Alfred KERN, Jacques BRENNER. Désormais André DHÔTEL publiera presque chaque année un roman, qu’il termine en général pour les vacances scolaires, périodes de séjour ardennais.
1948 :David, roman refusé dix ans plus tôt par Gallimard et auquel le romancier tenait beaucoup, est publié aux Editions de Minuit et distingué par le Prix Sainte-Beuve. Tentative théâtrale brève et décevante avec Le Pays des Cerisiers, monté par Jean-Louis BARRAULT.
1949 : Au cours d’entretiens à Royaumont, André DHÔTEL rencontre Jean FOLLAIN : c’est le début d’une amitié qui durera jusqu’à la mort du poète en 1971.
1955 :Brouillé depuis quelques années avec Gallimard, André DHÔTEL trouve une véritable consécration grâce au Prix Femina, attribué au Pays où l’on n’arrive jamais, ouvrage de commande à l’origine, publié chez Pierre HORAY, et qui connaîtra un succès important et durable. La critique, longtemps mitigée, commence à s’intéresser au romancier. Les publications en revues se multiplient.
1961 : André DHÔTEL, qui vient de recevoir le Prix de Littérature pour la jeunesse, quitte définitivement l’enseignement…et retrouve la maison Gallimard. Il partagera désormais l’essentiel de son temps entre l’appartement parisien de la rue des Entrepreneurs, le «baraquement S.N.C.F.» de Mont de Jeux, près d’Attigny, et la maison familiale de Provins.
1974-1975 : André DHÔTEL reçoit successivement le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française et le Prix National des Lettres. Il continue inlassablement à écrire et à publier.
1984 : Année dhôtélienne particulièrement fertile qui voit la parution d’un gros roman, Histoire d’un fonctionnaire, d’un recueil de nouvelles, La Nouvelle Chronique Fabuleuse, d'un livre d’entretiens, L’Ecole Buissonnière, d'une étude de l’ancien disciple et ami Patrick REUMAUX, L’Honorable Monsieur Dhôtel, et de trois rééditions en collections de poche.
1991, 22 juillet : Un an jour pour jour après la disparition de son épouse Suzanne, André DHÔTEL décède à Paris. Il sera enterré au cimetière de Provins.

L'Homme de la scierie, 1950